Depuis le 17 mars 2020, la France lutte contre la maladie de Covid-19 causée par le coronavirus SARS-COV-2. Il n’est pas facile de prendre ces nouvelles habitudes de vie. Si vous possédez un animal, ce sont tant de modifications et de questions qui fonctionnent pour nous.
Si vous êtes préoccupé par le fait que votre animal de compagnie peut attraper la maladie, pour des questions sur le virus lui-même, vous pouvez lire notre fiche en cliquant ici.
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Sortir avec son animal de compagnie durant le confinement
Les déplacements avec mon animal de compagnie sont-ils permis ?
Les autorités tolèrent certaines sorties avec les animaux de compagnie, mais sous conditions strictes :
- emmener un animal chez le vétérinaire en cas de nécessité
- permettre aux chiens de faire leurs besoins à l’extérieur, mais dans des limites très précises
Il est par ailleurs fortement conseillé de garder les chats à la maison tout au long du confinement, même si leur risque de contracter le Covid-19 reste très faible. Cette recommandation ne vise pas tant à protéger le chat du virus qu’à éviter qu’il ne soit accidenté ou blessé dehors, ce qui vous obligerait à consulter un vétérinaire, exposant ainsi tout le monde à davantage de contacts.
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Nous savons à quel point il peut être difficile de retenir un chat habitué à vadrouiller à l’extérieur. Ce compromis n’est jamais idéal. Mais si votre animal supporte l’enfermement, il vaut mieux tenir bon pour limiter les déplacements et préserver la santé de tous.
Cette règle vaut également pour les lapins, furets et autres NAC : inutile de les sortir, ils n’en tirent aucun bénéfice et les risques d’exposition sont alors multipliés.
Combien de temps et sur quelle distance puis-je sortir mon chien ?
Les promenades doivent rester brèves : uniquement pour permettre au chien de faire ses besoins. Dès que c’est fait, retour à la maison : la sortie ne doit durer que quelques minutes.
Restez à proximité immédiate : au pied de votre immeuble ou dans les rues adjacentes. Inutile de traverser la ville ou de marcher dix minutes vers un point d’eau ou une forêt. Le périmètre autorisé est d’un kilomètre maximum autour de votre domicile.
N’oubliez pas que la réglementation limite à une heure par jour le temps total de sortie, et il ne s’agit pas de transformer cette règle en une promenade d’une heure à chaque fois !
Évitez absolument les parcs à chiens ou tout lieu de regroupement. Préférez le trottoir ou la gouttière pour les besoins, et ramassez systématiquement les déjections.
Il est évident que ces nouvelles contraintes pèsent sur le bien-être de nos chiens, mais la crise sanitaire impose des sacrifices. On ne protège pas sans effort.
Quelles précautions prendre lors des sorties ?
Avant de sortir, pensez à remplir ou à écrire à la main votre attestation dérogatoire en cochant la case correspondant aux besoins des animaux de compagnie : « déplacements brefs, dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile liés aux besoins des animaux de compagnie ».
Le chien doit être tenu en laisse courte et il convient :
- d’éviter tout contact avec d’autres chiens et personnes. Gardez toujours une distance d’au moins un mètre, avec les humains comme entre animaux.
- de surveiller votre chien en permanence, afin d’éviter qu’il n’avale quelque chose de dangereux, ne se blesse ou ne provoque d’incident.
L’objectif reste de limiter les risques d’accident ou de maladie qui pourraient vous forcer à consulter un vétérinaire alors qu’on cherche justement à éviter tout déplacement non indispensable.
Astuce : laissez vos chaussures à l’entrée en rentrant et rangez-les dans un placard inaccessible à vos animaux.
Mon animal peut-il ramener le virus de l’extérieur ?
Un animal ne ramène pas plus le virus qu’un objet, une semelle ou un manteau. Si vous appliquez les gestes barrières et adoptez une bonne hygiène des mains, le risque de contamination reste faible.
Des études ont montré que le virus peut persister sur la fourrure ou dans les voies respiratoires des animaux exposés à un environnement contaminé. À l’image d’une poignée de porte ou d’un terminal de paiement, un animal peut ainsi, dans de rares cas, servir de support passif au virus. D’où l’importance de vous laver soigneusement les mains après chaque contact, et d’éviter de toucher votre visage.
Un exemple concret : si votre chien marche dans une flaque souillée ou une expectoration contaminée, puis rentre à la maison, il suffirait que vous touchiez le même endroit sur ses pattes puis portiez la main à votre visage sans vous laver les mains pour que la contamination soit possible. D’où l’importance de respecter les gestes barrières au quotidien.
Faut-il laver ou désinfecter les pattes de mon animal après chaque sortie ?
Évitez de désinfecter systématiquement les pattes de votre chien au retour. Un nettoyage répété à l’aide de produits agressifs peut irriter la peau, fragiliser la barrière cutanée et causer des problèmes dermatologiques.
Si vous souhaitez tout de même nettoyer ses pattes, préférez un shampoing doux adapté aux chiens, utilisé ponctuellement et rapidement.
La priorité reste de vous laver les mains après chaque contact avec votre animal, ce qui limite aussi la transmission d’autres maladies comme les parasites. Par mesure de précaution, évitez de laisser les animaux dormir avec vous ou avec vos enfants lorsqu’ils sortent à l’extérieur.
N’utilisez jamais de gel hydroalcoolique ni d’eau de Javel sur votre animal : ces produits sont toxiques et pourraient entraîner un empoisonnement grave.
Comment réagir si mon animal tombe malade pendant le confinement ?
Les vétérinaires reçoivent-ils toujours pendant la période ?
Oui, les cabinets et cliniques vétérinaires restent ouverts.
Les vétérinaires assurent la prise en charge des urgences et des situations qui, si elles étaient différées, affecteraient fortement la santé ou la survie de l’animal : accidents, pathologies aiguës, maladies graves, gestion des animaux en élevage ou en collectivité.
En revanche, sont reportés : les consultations de suivi de routine, les contrôles de santé, les actes de prévention, la stérilisation ou castration qui ne relèvent pas d’une nécessité immédiate, ainsi que le détartrage en l’absence de problème buccal sévère, et le suivi des pathologies anciennes sans impact sur la qualité de vie.
Limiter les déplacements et les contacts humains reste la priorité, autant pour vous que pour les soignants.
Comment se rendre chez le vétérinaire pendant le confinement ?
Avant tout, il faut impérativement appeler votre vétérinaire, quelle que soit la situation.
Le vétérinaire vous fixera un rendez-vous, à respecter scrupuleusement pour éviter les croisements de clients. Il pourra aussi vous demander d’attendre à l’extérieur de la clinique et de confier votre animal à l’équipe, sans entrer vous-même, en restant joignable par téléphone.
Déplacez-vous seul avec votre animal, sans accompagnant. N’oubliez pas votre attestation avec la case « déplacements liés aux besoins des animaux de compagnie » cochée.
Vaccination des chiens et chats : quelle conduite adopter pendant le confinement ?
Puis-je emmener mon chien ou mon chat chez le vétérinaire pour un vaccin ?
Non, la vaccination préventive doit être reportée à la levée des restrictions pour se conformer aux mesures en vigueur.
Un rappel vaccinal n’engage pas directement la survie immédiate de l’animal. Décaler l’injection ne met pas sa vie en danger.
La reprise des vaccinations primaires dépendra de la durée du confinement et du délai écoulé depuis la date initiale de rappel. Cette situation est regrettable, mais chacun doit respecter les consignes pour limiter la propagation du virus.
Quel risque pour mon animal si le rappel vaccinal n’est pas fait à la date prévue ?
Pour les chiens et chats adultes correctement vaccinés jusqu’ici, on distingue deux catégories de vaccins :
- Pour les valences dites « essentielles », Carré, Hépatite de Rubarth, Parvovirose chez le chien ; Rhinotrachéite, Calicivirose et Typhus chez le chat,, la recommandation est de vacciner tous les 3 ans après un protocole initial mené à bien.
- Pour les autres valences (leptospirose, leucose, toux de chenil, piroplasmose, maladie de Lyme, rage…), l’immunité est valable un an, mais un léger dépassement du délai (1 à 3 mois) ne remet pas en cause la protection.
D’ici là, il est conseillé de garder les animaux à l’intérieur, sauf pour les sorties sanitaires des chiens, afin de limiter leur exposition à des maladies infectieuses, comme les parvovirus (présents dans les déjections), la leptospirose (eaux stagnantes) ou la leucose (contacts entre chats).
La toux du chenil, pathologie respiratoire généralement liée à des regroupements, devrait rester rare puisque les rassemblements sont interdits.
Pour limiter les risques liés aux tiques et aux phlébotomes, appliquez un antiparasitaire adapté et inspectez soigneusement votre chien après chaque promenade en zone rurale.
La rage reste une maladie réglementée, mais la France est indemne et les déplacements à l’étranger sont actuellement impossibles. Le rappel pourra être réalisé après la période de restrictions.
Pour les chiots dont la primo-vaccination n’a pas pu être finalisée (3 injections à 8, 12 et 16 semaines puis un rappel entre 6 et 12 mois), la vigilance doit être accrue. Limitez au maximum les sorties, privilégiez l’intérieur et évitez tout lieu à risque, comme les parcs canins, qui restent interdits.
Concernant la socialisation des chiots : il ne sera pas possible, pendant cette période, d’exposer l’animal à la diversité de situations et de contacts habituellement recommandés entre 2 et 4 mois. Le contexte impose d’y renoncer, la priorité étant de préserver la santé humaine.
Comportement et vie quotidienne pendant le confinement

Devenir un propriétaire responsable exige, dans ce contexte, de bousculer bien des habitudes.
Garder à la maison un chat qui passait ses journées dehors, ou limiter l’exercice d’un chien énergique, n’a rien d’aisé. Les besoins de nos compagnons sont bousculés, tout comme les nôtres. La frustration est réelle, mais ces efforts collectifs freinent la circulation du virus et protègent la population.
C’est aussi l’occasion de renforcer la complicité avec son animal, de développer ses aptitudes cognitives grâce à des jeux ou à des exercices d’apprentissage, pour compenser le manque d’activité physique.
Partager cette parenthèse, c’est aussi se rappeler que la présence d’un animal apporte du réconfort, de l’attachement, une forme de chaleur qui mérite d’être préservée. Dans cette période imprévisible, ce lien fait toute la différence.


