Démarche de soins : les 5 étapes expliquées avec un exemple concret

28 octobre 2026

Infirmière consultant un dossier de soins dans un couloir d'hôpital

La démarche de soins est une méthode de résolution de problèmes qui permet à l’infirmier de proposer des soins adaptés à une personne précise. Elle suit 5 étapes liées entre elles : recueil de données, analyse et diagnostic infirmier, planification, réalisation et évaluation. Chaque changement de l’état du patient la remet en mouvement, puisque les objectifs et les actions se réajustent au fil du séjour.

Qu’est-ce que la démarche de soins ?

La démarche de soins est l’application, au quotidien, du raisonnement clinique : on part de ce que l’on observe chez le patient, on en tire des problèmes de santé, puis on décide quoi faire et comment vérifier que cela a servi. Elle relève du rôle propre de l’infirmier.

Son but est de rendre les soins individualisés. Deux patients opérés de la même intervention n’ont ni les mêmes besoins, ni la même autonomie, ni le même entourage, et le plan de soins doit le montrer.

Elle apporte aussi une continuité et une traçabilité : l’équipe qui prend le relais lit le dossier de soins et sait où en est chaque objectif. C’est l’avantage le plus concret pour les services qui fonctionnent en équipes alternées.

Étape 1 : recueillir les données sur le patient

Le recueil de données rassemble tout ce qui permet de comprendre la situation de la personne. Les sources sont le patient lui-même, son entourage, le dossier médical et de soins, ainsi que les autres professionnels de l’équipe.

Mains remplissant une grille de recueil de données au chevet d'un patient

On distingue les données objectives (constantes, observations, résultats d’examens) des données subjectives (ce que le patient dit ressentir, ses habitudes, ses craintes). Les deux se complètent : une douleur chiffrée par une échelle ne dit pas comment elle empêche de dormir.

La plupart des services utilisent une grille de recueil organisée par besoins fondamentaux (alimentation, élimination, mobilité, sommeil, communication). Elle évite d’oublier un domaine, et elle sert de base pour présenter un patient à l’oral. Le recueil comprend aussi les informations administratives, comme les papiers perdus à refaire quand un patient arrive sans carte Vitale ni pièce d’identité.

Étapes 2 et 3 : poser le diagnostic infirmier et planifier

L’analyse met en relation les données recueillies pour repérer les problèmes. On sépare les problèmes réels (une douleur présente) des risques (un risque de chute), et ceux que l’infirmier traite seul de ceux qu’il traite en collaboration avec le médecin.

Le diagnostic infirmier se formule en général sous la forme « problème lié à une cause, se manifestant par des signes ». Chaque diagnostic infirmier doit reposer sur des données observées.

La planification fixe ensuite des objectifs centrés sur le patient, mesurables et datés, puis choisit les actions pour les atteindre. Un objectif comme « le patient se lève seul avec son déambulateur d’ici trois jours » se vérifie ; « améliorer la mobilité » ne se vérifie pas.

Les actions peuvent aussi relever de l’éducation à la santé. Pour un patient sous traitement qui rend la peau sensible au soleil, elles incluent par exemple la protection solaire au quotidien.

Étapes 4 et 5 : réaliser les soins puis évaluer

La réalisation applique le plan : soins techniques, relationnels, éducatifs. Chaque action est tracée dans le dossier de soins, sous forme de transmissions écrites. Les transmissions ciblées, souvent structurées en données, actions et résultats (méthode DAR), donnent à l’équipe suivante une lecture rapide de ce qui s’est passé.

L’évaluation compare le résultat obtenu à l’objectif fixé. Si l’objectif est atteint, on le clôt. S’il ne l’est pas, on cherche pourquoi : donnée manquante au recueil, objectif trop ambitieux, action mal choisie. Le plan est alors modifié, et le cycle repart.

Exemple de démarche de soins rédigée

Prenons un cas fictif : une personne âgée opérée de la hanche, hospitalisée depuis deux jours, qui se plaint de douleurs au lever et qui se déplace avec crainte.

Patient âgé marchant avec un déambulateur accompagné d'une infirmière

Étape Contenu
Recueil Douleur à la mobilisation, marche hésitante, vit seule, peur de tomber exprimée
Diagnostic Douleur aiguë liée à l’intervention, se manifestant par des grimaces au lever ; risque de chute lié à la fragilité et à l’appréhension
Objectifs Douleur ressentie supportable au lever dès le lendemain ; marche avec déambulateur et accompagnement dans trois jours
Actions Antalgique prescrit donné avant le lever, évaluation de la douleur par une échelle, lever accompagné, environnement dégagé
Évaluation Douleur réévaluée après chaque lever ; objectif de marche maintenu ou ajusté selon les résultats

Démarche de soins, DSI et plan de soins : ne pas confondre

Le plan de soins est le résultat de l’étape 3, un document écrit qui liste problèmes, objectifs et actions. La démarche de soins, elle, désigne tout le processus, du recueil à l’évaluation.

En exercice libéral, le sigle DSI désigne un autre document : la démarche de soins infirmiers destinée aux patients dépendants suivis à domicile. Elle était valable 3 mois. Le bilan de soins infirmiers (BSI), rempli en ligne sur Ameli Pro et valable un an, l’a remplacée, avec une extension à tous les patients dépendants jusqu’en avril 2023.

Ces patients sont souvent accompagnés par des services portés par des structures de proximité, dont beaucoup naissent d’une démarche citoyenne comme la création d’une association.

Les erreurs fréquentes en IFSI et en stage

Quatre erreurs reviennent dans les travaux d’étudiants :

  • Recopier le dossier médical au lieu d’analyser : le recueil doit être trié et mis en lien avec les besoins du patient.
  • Rédiger des objectifs centrés sur le soignant (« faire la toilette ») au lieu du résultat attendu chez le patient.
  • Poser un diagnostic infirmier sans donnée qui le justifie, ce qui le rend invérifiable.

La dernière erreur est d’oublier l’évaluation : sans elle, la démarche reste un plan figé et ne dit rien de l’efficacité des soins.

Un plan de soins se juge à la date écrite à côté de chaque objectif : sans échéance, personne ne sait quand le réévaluer.

D'autres actualités sur le site